Environnement et Développement durable

Copenhague ou l’art d’arracher un accord a minima

« Pays du Sud floués, activistes "écœurés", climatologues désabusés », Beaucoup d’espoirs avaient été placés dans ce sommet de Copenhague. Autant d’espoirs déçus. Jugé "insuffisant", d’aucuns y voyaient cependant le "meilleur accord possible"...

L’accord fixe un objectif : limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés par rapport aux niveaux préindustriels. Aucune déclinaison de mode d’emploi pour y parvenir. L’accord prévoit également 30 milliards de dollars à court terme (2010 à 2012) destinés en priorité aux pays les plus vulnérables afin de les aider à s’adapter aux impacts du dérèglement climatique.D’ici 2020, la somme allouée augmentera progressivement pour arriver à 100 milliards USD.Voilà du palpable, du concret : de l’argent, non pas pour lutter contre les causes du réchauffement, mais pour mieux en tolérer les conséquences. Du palliatif avant l’heure.

Un détail cependant : rien ne précise d’où proviendront les fonds. Aucune contrainte n’a été posée. On s’en souvient, beaucoup de chiffres avaient été avancés avant le sommet par les différentes puissances mondiales. Rien n’est pourtant sorti de Copenhague, même si l’accord appelle les pays industrialisés et les pays en développement à affirmer leurs engagements de réduction de gaz à effet de serre à la fin janvier et prévoit des mécanismes garantissant la transparence de leur mise en oeuvre. Mais il ne fixe pas de date à partir de laquelle les émissions devront décroître.

Les ONG environnementales dénoncent un fiasco : "Pas de contrainte, aucun objectif à 2020 ni à 2050 : difficile d’imaginer pire conclusion pour la conférence de Copenhague", déplorait Greenpeace. Déception cruelle, le paragraphe stipulant la nécessité d’aboutir à un traité "légalement contraignant" d’ici la conférence climat de Mexico fin 2010 a disparu du document final.

Le contraste est saisissant avec la conclusion, il y a deux ans, de la conférence de Bali. Celle qui avait lancé "la feuille de route" jusqu’à Copenhague.

À Copenhague, nous sommes tombés d’accord. Mais seulement pour nous revoir.

Frédéric Lunel

Secrétaire Fédéral à l’Environnement

et au Développement durable

Le texte de l’accord est disponible sur ce lien (document en anglais)



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